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Thème de l'édition 2012 - Fais-moi, Lisette, un bouquet

Fais-moi, Lisette, un bouquet (Le départ pour les Îles)
Gilbert Dumas, dit Marin de L’Échouerie, près de Sainte-Anne-des-Monts

Couplet I
Fais-moi, Lisette, un bouquet, qu’il soit bien fait!
Qu’il soit de ros’s et de feuilles vertes, c’est ma couleur.
Fais-le moi-le, chère Lisette, de tout ton coeur.

Couplet II
Lisette en faisant son bouquet, ell’ pleurait.
« Ah! qu’avez-vous, chère Lisette, à tant pleurer?
Je suis venu ici, la belle, vous consoler.

Couplet III
J’ai bien le sujet de pleurer, vous me quittez.
Vous allez partir dans les Îl’s, vous m’oubli’rez.
En attendant de vos nouvelles, je languirai.

Couplet IV
Lisett’, si tu voulais m’aimer, je r’viendrais.
Appell’ ton père, aussi ta mère, et moi les miens.
Unissons nos deux coeurs ensemble, je le veux bien.

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Origines
« Suivant les versions, le garçon part pour la guerre, ou pour « les Îles », ce qui, en réalité, n’était pas très différent. Avant de quitter le pays, il vient consoler sa mie et demande qu’elle lui fasse un bouquet où le vert de l’espérance apparaisse dans la couleur des feuilles ou dans le ruban qui lie les fleurs. La belle pleure : ceux qui partent ne reviennent pas tous!

Cette jolie chanson semble se perdre en France; Beauquier l’a pourtant recueillie en France-Comté et Millien en Nivernais, mais elle a certainement recouvré vie et santé au Canada où l’on en a déjà enregistré une douzaine de versions. Celle-ci est de Gilbert Dumas, ce vieillard à barbe blanche qui fut un des premiers informateurs de Marius Barbeau. La poésie, en Amérique, a conservé sa métrique : vers de 12 pieds (8 + 4) avec forte césure à la fin du premier hémistiche; mais la fille est prénommé Lisette, et le galant part vers les « Îles » enchantées, Antilles (situé dans la mer des Caraïbes) ou Réunion (environ 700 kilomètres à l'est de Madagascar) ; la version vient certainement de nos côtes.

Musicalement, bien qu’un peu maniérée, la mélodie ne manque pas de charme ; elle a cette particularité de passer brusquement sur la même tonique, d’ut majeur à ut mineur. Son rythme se partage entre le ¾ et le 4/4. Sa phrase unique, qui se redit, contient des variations majeures et mineures et même des variations rythmiques, aux répétitions du même motif. Son style lyrico-syllabique. »

Référence :
D’HARCOURT, Marguerite et Raoûl, Chansons folkloriques françaises au Canada,
presses universitaires Laval, Québec, presses universitaire de France, Paris, 1956, p.203-204.